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25 Avril 2012 : Mise à jour : Nouveau rétropédalage de James Lovelock, l'inventeur de la théorie "Gaïa" et (ex) gourou des environnementalistes (voir, par exemple, un ).
Après avoir sérieusement et progressivement modéré ses propos ultra-alarmistes antérieurs au cours des années précédentes, et, notamment, deux ans après ses déclarations particulièrement critiques sur les pratiques de la science (notamment climatique) , James Lovelock se ravise, une fois encore.
Il déclare notamment qu'il a "excessivement extrapolé " et que la science climatique est mal comprise et, en particulier, que l'influence des oscillations naturelles des océans, mal prise en compte, pourrait jouer un rôle décisif sur le climat...

Inutile de préciser que, faisant suite à la défection toute récente d'une autre grande icône du mouvement environnementaliste devenue "solariste climato-sceptique", le (l'auteur de "Die kalte Sonne" ), les adeptes du GIEC serrent les rangs et tentent de lovelockqueenminimiser la portée de ces événements, ce qui n'est pas facile notamment pour ce qui concerne James Lovelock dont la réputation est solidement établie au Royaume Uni et ailleurs.

Ci-contre, la Reine Elizabeth II remettant à James Lovelock, membre de la Royal Society, et Commandeur de l'Ordre de l'Empire Britannique (CBE) , les insignes de "Companion of Honour" pour l'ensemble de ses activités scientifiques.(2003).

 

 

 

 

James Lovelock a accordé . Voici une traduction de la partie du texte de msnbc qui rapporte les propos de Lovelock (que j'ai engraissés dans le texte ci-dessous).

Par Ian Johnston, msnbc.com (le 23 Avril 2012).

lovelock012

"James Lovelock, le scientifique non conformiste qui est devenu le gourou du mouvement environnementaliste avec sa théorie "Gaïa" qui considère que la Terre est un organisme qui forme un tout, a admis qu'il avait été "alarmiste" au sujet du changement climatique et il a dit que d'autres commentateurs environnementalistes, tels Al Gore, l'avaient été eux aussi.

Lovelock qui a 92 ans écrit un nouveau livre dans lequel il dira que le changement climatique se produit encore mais pas aussi vite qu'il l'avait craint autrefois..

Il avait autrefois donné une des pires descriptions des effets du changement climatique. En 2006, dans un article du journal UK "" il avait écrit que "avant la fin de ce siècle des milliards d'entre nous mourront et les quelques rares couples survivants iront en Arctique où le climat restera tolérable."

Cependant, a admis le professeur lors d'un interview téléphonique accordé à msnbc.com, il pense maintenant qu'il avait "excessivement extrapolé".
gaia2

Le nouveau livre qui devrait être publié l'année prochaine, sera le troisième dans une trilogie et fera suite à ses ouvrages précédents (1979 et 2009) " La revanche de Gaïa : Pourquoi la Terre se défend-elle et comment pouvons nous encore sauver l'humanité." ainsi que " Le visage évanescent de Gaïa : Un dernier avertissement : Profitez-en tant que vous le pouvez."

Le nouveau livre discutera sur la façon dont l'humanité peut changer son comportement de manière à aider à réguler les systèmes naturels de la Terre, en jouant un rôle semblable à celui, harmonieux, des plantes quand elles absorbent le dioxyde de carbone et produisent de l'oxygène.

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Les tours habituels du climat :

Il (NdT : le livre à venir) reflétera sa nouvelle opinion que le réchauffement climatique n'est pas venu aussi vite qu'il l'attendait.

“Le problème c'est que nous ne savons pas ce que fait le climat en ce moment. Nous pensions le savoir, il y a vingt ans. Ceci a poussé à l'écriture de quelques bouquins alarmistes - y compris le mien - parce que ça paraissait bien clair, mais cela ne s'est pas produit." a dit Lovelock.

"Le climat fait ses trucs habituels. En réalité, il ne se passe pas grand chose de nouveau, jusqu'à présent. Nous étions censés être, en ce moment, à mi-chemin d'un monde en train de griller." dit-il.

"Le monde ne s'est pas beaucoup réchauffé depuis le début du millénaire. 12 ans semblent être une durée raisonnable...la température est restée pratiquement constante alors qu'elle aurait dû augmenter -- le dioxyde de carbone est en augmentation, cela n'est pas remis en question." a-t-il ajouté.

Quand on lui demande s'il était maintenant un climato-sceptique, Lovelock a répondu à MSNBC.com "Cela dépend de ce que vous voulez dire par sceptique. Je ne suis pas un négationniste."

Il a déclaré que les émissions de dioxyde de carbone causées par l'homme provoquaient une augmentation de la température globale mais il a ajouté que l'effet des océans n'était pas encore assez bien compris et qu'il pourrait avoir un rôle déterminant.

"Ce sont les océans qui pourraient faire toute la différence entre une période chaude et un âge glaciaire".dit-il.

Il a déclaré qu'il pensait encore que la changement climatique se produisait, mais que ses effets se feraient sentir plus tard dans le futur qu'il le pensait auparavant.

“Nous aurons le réchauffement climatique, mais il est quelque peu retardé." a dit Lovelock.
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'J'ai commis une erreur ' :
Il a dit qu'en tant qu'indépendant et solitaire, cela ne le gêne pas de dire "Eh bien oui, je me suis trompé." Il a ajouté qu'un scientifique de l'université ou du gouvernement pourrait craindre que la reconnaissance d'une erreur l'amène à perdre ses financements.

Il a cité les ouvrages de Gore "Une vérité qui dérange" et le "Faiseur de Climat" de Tim Flannery comme d'autres exemples de prédictions "alarmistes".

En 2007, le Time Magazine avait cité Lovelock parmi les 13 leaders visionnaires dans un article sur les "", où Gore, Mikhail Gorbatchev et Robert Redford. (NdT : Ainsi d'ailleurs que le Prince Charles, David Suzuki et Angela Merkel)"

[....]

Quelques remarques sur les déclarations de J. Lovelock.

  • James Lovelock a 92 ans. Il travaille seul, observe l'évolution de la science climatique, celle des indicateurs et réfléchit. Il n'a rien à perdre ni à gagner et peut parler librement, comme le précise le journaliste qui l'interrogeait : "Cela ne le gêne pas de dire "Eh bien oui, je me suis trompé." Il a ajouté qu'un scientifique de l'université ou du gouvernement pourrait craindre que la reconnaissance d'une erreur l'amènerait à perdre ses financements."
    N'est ce pas ce que tout scientifique devrait pouvoir faire : Evoquer librement ses doutes, ses erreurs et ses incertitudes ?
    Faut-il attendre d'avoir atteint l'âge de la retraite pour pouvoir le faire ?
  • Lovelock constate que l'évolution actuelle du climat ne cadre pas avec les modèles présents et antérieurs. Il dit : "Le problème c'est que nous ne savons pas ce que fait le climat en ce moment. Nous pensions le savoir, il y a vingt ans.".
    En d'autres termes, il n'est pas d'accord avec les affirmations selon lesquelles "la science est comprise".
  • Lovelock reconnaît explicitement que " l'effet des océans n'est pas encore assez bien compris et qu'il pourrait avoir un rôle déterminant.". Il ajoute "Ce sont les océans qui pourraient faire toute la différence entre une période chaude et un âge glaciaire", dit-il. Ce qui n'étonnera guère les lecteurs familiers des nombreux articles commentés .
  • Lovelock est totalement indépendant. Il ne peut guère être suspecté d'être financé en sous-main par des intérêts pétroliers ou autres, ce qui constitue un des arguments ad hominem aussi classiques qu'infondés, utilisé par les supporters du GIEC (comme Naomi Oreskes, entre autres) à l'encontre des "dissidents".

Brève revue de presse :

Compte tenu de sa notoriété, les médias anglophones ont largement fait écho aux propos de James Lovelock. A ma connaissance et sauf (sur Internet), les médias francophones n'en ont strictement rien dit. Est-ce étonnant ?

Voici, parmi beaucoup d'autres, quelques exemples de communiqués de la presse anglophone au sujet des déclarations de Lovelock.

:"Lovelock, le scientifique de Gaïa ' J'avais TORT et j'étais alarmiste sur le climat'. "J'avais juré que la Terre devrait être en train de frire, maintenant."
"'Je me suis trompé' Le théoricien de Gaïa, James Lovelock, admet qu'il était 'alarmiste" au sujet des impacts du changement climatique".
: "Les avertissements alarmistes au changement climatique, "c'est tout du vent" déclare le scientifique britannique James Lovelock."
(CA) : "L'Apocalypse repoussée".
:" L'Apocalypse repoussée". "Le poison Lovelock pour l'alarme climatique".

etc...

Rapproché de celui-ci, la lecture du billet suivant, rédigé il y a maintenant plus de deux ans, apporte un éclairage révélateur sur l'évolution des idées de l'inventeur de la théorie dite Gaïa, au cours de ces dernières années. Cette évolution et ses causes profondes sont, à mon avis, typiques de la démarche de nombreux "climato-sceptiques". (Sauf la fin, bien entendu.)
Je vous en conseille la lecture.

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04 Avril 2010 : James Lovelock, le père de la théorie dite Gaïa, est un grand totem des environnementalistes. Il nous donne son avis sur l'affaire du CRU, sur les climato-sceptiques, sur la pratique de la science du climat etc...Très surprenant et plutôt rassurant. Enfin... presque tout. Sauf la fin.

James Lovelock est mondialement connu pour avoir enfanté, il y a près de 40 ans, la théorie dite de Gaïa selon laquelle la Terre serait, en gros, un gigantesque organisme vivant qui s'autorégule (hémostasie), attaqué par une espèce (la nôtre). Entre autres, il a écrit un livre,"La revanche de Gaïa", dont le titre est explicite. Lovelock est considéré par lovelock3beaucoup comme l'un des pères tutélaires de l'environnementalisme.

Ci-contre la photo de James Lovelock avec, en arrière plan, la statue de Gaïa, la déesse tutélaire de notre planète.

Si l'on m'avait prédit, il y a quatre ans, que je rapporterais, un jour, les propos de James Lovelock dans cette page, je n'y aurais pas cru. De fait, ce scientifique britannique, aussi atypique qu'indépendant, était l'auteur de propos apocalyptiques sur l'avenir de la planète, tels que celui-ci :

En Janvier 2006 dans le journal anglais "" James Lovelock affirmait sans ambages que, du fait du réchauffement climatique, : " des milliards d'entre nous périront et quelques rares couples d'humains reproducteurs survivront seulement en Arctique où le climat sera tolérable", vers la fin du XXIème siècle ...Rien que ça.
Selon James Lovelock, la température devait augmenter de 8°C dans les régions actuellement tempérées ce qui supprimerait toute possibilité de survie du fait de la disparition de l'agriculture...ce qui excédait largement les prévisions (scénarios, projections) du GIEC les plus pessimistes....

En Septembre 2007, James Lovelock a sérieusement modéré son discours en affirmant que, peut-être, rien n'était perdu, que les problèmes pouvaient être réglés, grâce, notamment, à sa dernière invention avec laquelle il espérait obtenir le méga-prix Virgin-Branson.

A la fin Mars 2010, James Lovelock (toujours bon pied bon oeil, à 90 ans) a donné un et il tient, cette fois-ci, des propos sur un certain nombre de questions de science contemporaine qui me semblent frappés au coin du bon sens et que j'ai voulu partager avec vous.
Ci-dessous, je donne une traduction (approximative, car Lovelock utilise parfois un langage familier) de quelques unes de ses réponses lors de l'interview du Guardian. Vous trouverez . En gras, les réponses de Lovelock. En maigre italique, les questions ou commentaires de l'interviewer du Guardian. En petits caractères, les déclarations en anglais de Lovelock.
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"Sa réaction à la première lecture au sujet des Emails volés du CRU (Il a confessé plus tard qu'il n'avait pas lu les originaux en disant " Bizarrement, j'étais fortement réticent à y fourrer mon nez)"

"I was utterly disgusted. My second thought was that it was inevitable. It was bound to happen. Science, not so very long ago, pre-1960s, was largely vocational. Back when I was young, I didn't want to do anything else other than be a scientist. They're not like that nowadays. They don't give a damn. They go to these massive, mass-produced universities and churn them out. They say: "Science is a good career. You can get a job for life doing government work." That's no way to do science.
I have seen this happen before, of course. We should have been warned by the CFC/ozone affair because the corruption of science in that was so bad that something like 80% of the measurements being made during that time were either faked, or incompetently done.
Fudging the data in any way whatsoever is quite literally a sin against the holy ghost of science. I'm not religious, but I put it that way because I feel so strongly. It's the one thing you do not ever do. You've got to have standards.
You can make mistakes; they're helpful. In the old days, it was perfectly OK to make a mistake and say so. You often learned from it. Nowadays if you're dependent on a grant – and 99% of them are – you can't make mistakes as you won't get another one if you do. It's an awful moral climate and it was all set up for the best of reasons. I think it was felt there was far too much inequality in science and there was an enormous redress. Looking around the country [at the wider society] this was good on the whole, but in some special professions you want the best, the elite. Elitism is important in science. It is vital."

J'ai été profondément dégoûté. Ma seconde pensée a été que c'était inévitable. Cela devait arriver. La Science, il n'y a pas si longtemps, avant 1960, était surtout une affaire de vocation. Quand, j'étais jeune, je ne voulais rien faire d'autre que d'être un scientifique. Il n'y en a plus des comme ça, de nos jours. Ils n'en ont rien à faire. Ils s'en vont dans ces énormes universités, produites en masse et ils suivent les enseignements mécaniquement. Ils disent "la Science, c'est une bonne carrière. Vous pouvez trouver un travail pour la vie en faisant du boulot pour le gouvernement". Ce n'est pas comme ça qu'on fait de la science.

Bien sûr, j'avais déjà vu ça auparavant. Nous aurions dû être avertis par l'affaire CFC/Ozone parce que la corruption de la science y était si mauvaise que quelque chose comme 80% des mesures qui étaient faites à cette époque étaient soient truquées soient faites de manière incompétente.
Trafiquer les données de quelque façon que ce soit et quelle qu'en soit la raison, est un péché contre l'esprit saint de la science. Je ne suis pas religieux mais je le dis de cette manière parce que je le ressens si intensément. C'est une chose que vous ne devez jamais faire. Vous devez avoir des règles.
Vous pouvez commettre des erreurs: Elles sont utiles. Autrefois, c'était parfaitement OK de commettre des erreurs et de le dire. Vous en tiriez souvent un enseignement. De nos jours si vous dépendez d'une dotation - et 99% d'entre eux sont dans ce cas - vous ne pouvez pas faire d'erreur parce que vous n'aurez pas d'autre dotation si vous le faites. Cela crée un climat moral affreux et cela a été mis en place pour les meilleures raisons. Je pense qu'il avait été ressenti qu'il y avait beaucoup trop d'inégalité en science et il y a eu une énorme correction. Si on regarde tout autour dans le pays [et dans l'ensemble de la société ] c'était globalement une bonne chose, mais dans certaines professions particulières, ce que vous voulez c'est le meilleur, l'élite. L'élitisme est important en science. C'est vital. "
[.....]

Sur la confiance excessive portée aux modèles informatiques :

"I remember when the Americans sent up a satellite to measure ozone and it started saying that a hole was developing over the South Pole. But the damn fool scientists were so mad on the models that they said the satellite must have a fault. We tend to now get carried away by our giant computer models. But they're not complete models. They're based more or less entirely on geophysics. They don't take into account the climate of the oceans to any great extent, or the responses of the living stuff on the planet. So I don't see how they can accurately predict the climate. It's not the computational power that we lack today, but the ability to take what we know and convert it into a form the computers will understand. I think we've got too high an opinion of ourselves. We're not that bright an animal. We stumble along very nicely and it's amazing what we do do sometimes, but we tend to be too hubristic to notice the limitations. If you make a model, after a while you get suckered into it. You begin to forget that it's a model and think of it as the real world. You really start to believe it."

"Je me souviens quand les américains ont envoyé un satellite pour mesurer la couche d'ozone et quand celui-ci commença à dire que le trou se développait au dessus du pôle Sud. Mais ces bougres d'idiots de scientifiques étaient si fous de leurs modèles qu'ils ont dit que le satellite devait se tromper. Nous avons tendance à nous laisser entraîner par nos modèles d'ordinateurs géants. Mais ce ne sont pas des modèles complets. Ils reposent plus ou moins complètement sur la géophysique. Ils ne prennent pas en compte le climat des océans de manière suffisamment importante, ou la réponse des choses qui vivent sur la planète. Ainsi, je ne vois pas comment ils peuvent prédire le climat avec précision. Ce n'est pas la puissance de calcul qui nous manque aujourd'hui mais notre capacité à prendre ce que nous savons et le mettre sous une forme que les ordinateurs comprendront. Je pense que nous avons une trop bonne opinion de nous mêmes. Nous ne sommes pas des animaux si brillants que ça. Nous avançons à tâtons avec succès et il est parfois étonnant que nous le fassions, mais nous avons tendance à être trop sûrs de nous pour nous rendre compte de nos limites. Si vous faites un modèle, après un certain temps, il va vous engloutir. Vous commencez à oublier que c'est un modèle et vous allez le voir comme s'il était le monde réel. Vous commencez réellement à le croire."

A propos des climato-sceptiques :

We're very tribal. You're either a goodie or a baddie. I've got quite a few friends among the sceptics, as well as among the "angels" of climate science. I've got more angels as friends than sceptics, I have to say, but there are some sceptics that I fully respect. Nigel Lawson is one. He writes sensibly and well. He raises questions. I find him an interesting sceptic. What I like about sceptics is that in good science you need critics that make you think: "Crumbs, have I made a mistake here?" If you don't have that continuously, you really are up the creek. The good sceptics have done a good service, but some of the mad ones I think have not done anyone any favours. Some of them, of course, are corrupted and employed by oil companies and things like that. Some even work for governments. For example, I wouldn't put it past the Russians to be behind some of the disinformation to help further their energy interests. But you need sceptics especially when the science gets very big and monolithic.
I respect their right to be sceptics. . He's more like a defence counsel for the sceptics than a right-winger banging the drum. His book is not a diatribe or polemic. He tries to reason his case.
There is one sceptic that everyone should read and that is Garth Paltridge. He's written a book called the Climate Caper. It is a devastating, critical book. It is so good. This impresses me a lot. Like me, he's convinced that if you put a trillion tonnes of carbon dioxide into the atmosphere, which we will have done in 20 years' time, it's going to have some nasty effects, but what we don't know if how nasty and when. If you look back on climate history it sometimes took anything up to 1,000 years before a change in one of the variables kicked in and had an effect. And during those 1,000 years the temperature could have gone in the other direction to what you thought it should have done. What right have the scientists with their models to say that in 2100 the temperature will have risen by 5C? There are plenty of incidences where something turns on the heat, but temperatures actually go down perversely, before eventually going up. A cold winter may mean nothing, as could 10 cold winters in a row.
The great climate science centres around the world are more than well aware how weak their science is. If you talk to them privately they're scared stiff of the fact that they don't really know what the clouds and the aerosols are doing. They could be absolutely running the show. We haven't got the physics worked out yet. One of the chiefs once said to me that he agreed that they should include the biology in their models, but he said they hadn't got the physics right yet and it would be five years before they do. So why on earth are the politicians spending a fortune of our money when we can least afford it on doing things to prevent events 50 years from now? They've employed scientists to tell them what they want to hear. The Germans and the Danes are making a fortune out of renewable energy. I'm puzzled why politicians are not a bit more pragmatic about all this.
We do need scepticism about the predictions about what will happen to the climate in 50 years, or whatever. It's almost naive, scientifically speaking, to think we can give relatively accurate predictions for future climate. There are so many unknowns that it's wrong to do it.

Nous sommes très tribaux. Vous êtes soit un bon, soit un méchant. J'ai quelques amis parmi les sceptiques, tout comme parmi les "anges" de la science climatique. Je dois dire que j'ai plus d'anges comme amis que de sceptiques mais il y a quelques sceptiques que je respecte tout à fait. Nigel Lawson en fait partie. Il écrit intelligemment et bien. Il soulève des questions. Je trouve que c'est un sceptique intéressant. Ce que j'aime chez les sceptiques c'est que dans la bonne science, vous avez besoin de critiques qui vous font réfléchir : "Zut ! Est ce que j'ai fait une erreur, là ?" Si vous n'avez pas cela continuellement, vous êtes réellement mal. Les bons sceptiques ont rendu un grand service, mais certains parmi les fous, je pense qu'il n'ont fait du bien à personne. Certains d'entre eux, bien sûr, sont corrompus et employés par les compagnies pétrolières ou des choses comme ça. Certains même travaillent pour les gouvernements. Par exemple, je ne mettrais pas ma main au feu que les Russes ne sont pas derrière une partie de la désinformation dans le but de faire la promotion de leurs intérêts énergétiques. Mais vous avez besoin des sceptiques, tout particulièrement quand la science grossit beaucoup et devient monolithique.
Je respecte leur droit d'être critique. avec laquelle il est facile de discuter. Il est plus comme un avocat de défense des sceptiques qu'un homme de droite tapant sur un tambour. Son livre n'est pas une diatribe ou une polémique. Il essaye de raisonner son affaire.
Il y a un sceptique que tout le monde devrait lire. C'est Garth Paltridge (NDT : , ). Il a écrit un livre qui s'appelle la Farce du Climat (NDT : "Climate Caper" : traduction collins. Ce peut-être aussi, le détournement, la blague etc..). C'est un bouquin critique et dévastateur. Il est si bon. Il m'impressionne beaucoup. Comme moi-même; il est convaincu que si vous envoyez mille milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, ce que nous aurons fait dans 20 ans, cela aura quelques effets néfastes. Mais ce que nous ne savons pas, c'est dans quelle proportion ils seront néfastes, ni quand. Si vous regardez dans l'histoire du passé du climat, cela a pris quelquefois jusqu'à mille ans avant qu'un changement dans les variables se produise brusquement et a eu un effet. Et pendant ces mille années, la température aurait pu aller dans le sens inverse de ce que vous auriez pu penser. Quelle est la justification pour que des scientifiques, avec leurs modèles, nous disent qu'en 2100 la température aura monté de 5°C ? Il y a plein de situations où quelque chose fait monter la chaleur, mais, en fait, la température descend de manière perverse, avant de finalement remonter. Un hiver froid ne signifie rien, tout comme dix hivers froids à la suite.

The great climate science centres around the world are more than well aware how weak their science is. If you talk to them privately they're scared stiff of the fact that they don't really know what the clouds and the aerosols are doing. They could be absolutely running the show. We haven't got the physics worked out yet. One of the chiefs once said to me that he agreed that they should include the biology in their models, but he said they hadn't got the physics right yet and it would be five years before they do. So why on earth are the politicians spending a fortune of our money when we can least afford it on doing things to prevent events 50 years from now? They've employed scientists to tell them what they want to hear. The Germans and the Danes are making a fortune out of renewable energy. I'm puzzled why politicians are not a bit more pragmatic about all this.
We do need scepticism about the predictions about what will happen to the climate in 50 years, or whatever. It's almost naive, scientifically speaking, to think we can give relatively accurate predictions for future climate. There are so many unknowns that it's wrong to do it.
"Les grands centres de recherche sur le climat, tout autour du monde, sont plus que conscients à quel point leur science est faible. Si vous leur parlez en privé, ils ont une peur bleue du fait qu'ils ne savent pas réellement ce que font les nuages et les aérosols. Ils pourraient être absolument décisifs pour toute cette affaire. Nous n'avons pas encore compris cette physique. Un de leurs chefs m'a dit un jour qu'il était d'accord qu'ils devraient inclure la biologie dans leurs modèles, mais il m'a dit qu'ils n'ont pas encore la physique correcte à ce sujet et qu'il faudrait encore cinq ans pour y arriver. Alors pourquoi, bon sang, les politiciens sont-ils en train de dépenser une fortune avec notre argent alors que nous en avons moins les moyens [NDT, en ce moment], pour faire des choses destinées à empêcher des événements qui se produiront dans 50 ans ? Ils ont embauché des scientifiques pour qu'ils leur disent ce qu'ils voulaient entendre. Les Allemands et les Danois sont en train de se faire une fortune avec les énergies renouvelables. Je suis étonné que les politiciens ne soient pas un peu plus pragmatiques sur tout ça.
Nous avons vraiment besoin de scepticisme sur les prédictions de ce qui va arriver au climat dans 50 ans, ou quoi que ce soit. C'est tout à fait naïf, scientifiquement parlant, de penser que nous pouvons fournir des prédictions relativement précises sur le climat du futur. Il y a tant d'inconnues qu'il est absurde de le faire.. "
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Stupéfiant ! N'est-ce pas ? Lovelock tient un langage que ne renierait certainement pas un scientifique climato-sceptique. Aussi bien sur la fragilité des modèles théoriques que sur la fragilité des modélisations informatiques et des prédictions... "qu'il est absurde de faire" tant sont nombreuses les inconnues.

La fin de l'interview portait sur les solutions à apporter au changement climatique; Quoique, quand on a lu ce qui précède on peut se demander où est la logique d'un raisonnement qui commence par affirmer qu'il existe d'énormes incertitudes dans les prédictions du changement climatique jusqu'à en arriver au point qu'on ne peut pas prédire le climat futur ...et qui se termine en proposant des solutions pour le moins draconiennes pour lutter contre le changement climatique. ..
Voyons cela :
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Sur la manière dont les humains vont s'y prendre pour gérer le .

We need a more authoritative world. We've become a sort of cheeky, egalitarian world where everyone can have their say. It's all very well, but there are certain circumstances – a war is a typical example – where you can't do that. You've got to have a few people with authority who you trust who are running it. And they should be very accountable too, of course.
But it can't happen in a modern democracy. This is one of the problems. What's the alternative to democracy? There isn't one. But even the best democracies agree that when a major war approaches, democracy must be put on hold for the time being. I have a feeling that climate change may be an issue as severe as a war. It may be necessary to put democracy on hold for a while.

"Nous avons besoin d'un monde plus autoritaire. Nous sommes devenus une sorte de monde égalitaire et effronté où chacun a son mot à dire. Tout ça c'est très bien, mais il y a certaines circonstances -une guerre est un exemple typique- où nous ne pouvons pas faire ça. Il vous faut quelques personnes qui ont l'autorité, auxquelles vous faites confiance et qui se chargent de l'affaire. Et ils devraient aussi, bien sûr, rendre des comptes.

Mais cela ne peut pas se faire dans une démocratie moderne. Ceci est un des problèmes. Quelle est l'alternative à une démocratie ? Il n'y en a pas. Mais même les meilleures démocraties sont d'accord pour que quand une guerre majeure approche, la démocratie soit suspendue pendant le temps nécessaire. J'ai le sentiment que le changement climatique pourrait être aussi sévère qu'une guerre. Il est peut-être nécessaire de suspendre la démocratie pour quelque temps."
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Quelques commentaires : Comme je l'ai écrit plus haut, James Lovelock s'exprime, dans bien des domaines comme le feraient beaucoup de lovelock1scientifiques climato-sceptiques y compris sur l'affaire du trou de l'ozone, pour certains d'entre eux. Ainsi, Lovelock est-il parfaitement conscient des imperfections, des faiblesses, des nombreuses inconnues et du caractère hasardeux des résultats des modèles actuels qui sont pourtant présentés comme des quasi certitudes (à 90%) par le GIEC, au grand public et aux politiques.

A l'évidence, le discours de Lovelock a beaucoup évolué au cours de ces dernières années, alors qu'il n'hésitait pas, en 2006, à nous prédire une hausse de température de +8°C et que " des milliards d'entre nous périront et quelques rares couples d'humains reproducteurs survivront seulement en Arctique où le climat sera tolérable". Nul doute, comme il l'avoue lui-même, que la lecture du livre de Garth Paltridge qui est effectivement critique et dévastateur pour la science climatique actuelle, y soit pour quelque chose.

Pourtant, bien qu'il soit manifestement pétri d'incertitudes comme la majorité des scientifiques raisonnables, James Lovelock, jugeant que notre société démocratique, "égalitaire et effrontée où chacun a son mot à dire", ne peut convenir pour résoudre un problème qu'il sait pourtant imprévisible, suggère l'avènement imminent d'un régime autoritaire, parce qu'il a "le sentiment que le changement climatique pourrait être aussi sévère qu'une guerre". C'est assez curieux comme raisonnement. Je ne relèverais pas si ce genre d'affirmation n'était aussi fréquemment entendue et partagée par les tenants d'une certaine frange de la "deep ecology" dont le réchauffement climatique est le cheval de bataille ...

Est-il nécessaire de rappeler à ces fans (plus nombreux qu'on ne le pense) d'un "régime autoritaire" au nom d'un état de guerre contre le changement climatique, que c'est justement au nom de la survie de la démocratie que les pays alliés ont combattu contre l'autoritarisme pendant la dernière guerre et qu'aucun des pays démocratiques engagés au côté des alliés n'a jamais "suspendu la démocratie", même pendant cette dure période ?

Ce texte de Lovelock mérite d'être lu et médité. Il est éclairant sous bien des aspects, pour le débat actuel.





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